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Rentrée 2016-2017 ateliers et séminaire

14 September 2016  |  Publié dans Non classé

L'atelier "le moindre geste" a repris rue ramponeau, tous les mercredis à 18h Un mercredi par mois , à compter du 26 octobre,d e 20h à 23,  h'atelier se transforme en atelier séminaire, et se tient à la Parole errante, à Montreuil....   Séminaire/atelier proposé par Valérie Marange Le moindre geste, ou l'inconscient du corps [...]

L'atelier "le moindre geste" a repris rue ramponeau, tous les mercredis à 18h

Un mercredi par mois , à compter du 26 octobre,d e 20h à 23,  h'atelier se transforme en atelier séminaire, et se tient à la Parole errante, à Montreuil....

 

Séminaire/atelier proposé par Valérie Marange

Le moindre geste, ou l'inconscient du corps
« on ne sait pas ce que peut le corps »

Dans le cadre de la Fédération des ateliers de psychanalyse
et de
La Parole errrante demain

Les  mercredis 26 octobre, 23 novembre, 21 décembre, 18 janvier,15 février,29 mars, 26 avril,  24 mai, 21 juin
, à La maison de l'arbre, 8 rue François Debergue, Montreuil
Inscription recommandée  marange@no-log.org

Il y a de nombreuses années, une recherche de terrain pour la commission médicale d'Amnesty International m'amenait à une interrogation épistémologique sur les procédures de la violence « scientifique » dans l'euphémisation du corps. Dans ces « châtiments incorporels », l'âme, selon les mots de Foucault, devenait « prison du corps »,  dans la foulée des procédures ascétiques désincarnantes . Cette épistémologie « pathologique » n'apparait pas sans relation avec l'épisteme  normale des sciences cliniques et morales, aujourd'hui manageriales,  dans leur visée gouvernementale de la vie et de la relation corps-esprit. Qui ont suscité des résistances de fond, dont l'épistémologie canguilhemienne est  un moment important,  exhibant dans la tradition spinoziste  la normativité propre au vivant, contre les normes idéalisantes amenant sa disqualification et sa soumission. Et proposant un modèle de subjectivation non dualiste dans lequel la pensée et le choix sont toujours déja présents dans toute forme de vie, dans le « maniérisme originel du vivant » . Inséparation nature-culture et psyché-soma que nous invitent à penser aussi bien la clinique du lien (Winnicott 1949)  qu'une   anthropologie moniste (Descola accomplissant certains traits d e la pensée  de Leroi-Gourhan et Levi-strauss ) qu'encore la philosophie  des processus de subjectivation individuels et collectifs (Simondon, Combes et la « vie inséparée »)
Aujourd'hui un paradigme est proposé par plusieurs auteurs issus ou non du champ analytique  d'un inconcient du corps qui ne serait pas réductible à l'inconscient ni au corps freudiens et concernerait une zone d'indiscernabilité entre le vital et le psychique, transitant par l'affect . Pouvant aller d'ailleurs jusqu'au refus d'employer le mot « corps » voire celui de  « conscience » (en ce que celle ci reste toujours partielle au regard de l'importance des phénomènes psychiques et somatiques qui restent insus ). L'esprit releverait alors d'avantage d'une écologie entre un système faisant centre et son milieu interne et externe  qu e d'un saut marquant un changement de niveau (le passage du réel à la représentation). Le geste serait d'ailleurs l'exemple privilégié d'un tel paradigme intégrateur articulant un segment corporel, un environnement physique, un cerveau et son environnement psychique et culturel.
Cette hypothèse est liée à d'autres tactiques thérapeutiques que la psychanalyse telles que les arts martiaux ou la méthode Feldenkrais et met particulièrement en avant la question du geste et de son apprentissage , d'une façon cependant qui ne saurait être seulement volontariste ou corrective (strictement comportementale donc), puisque le geste « erroné » a ses propres raisons et relève d'un frayage insu des voies neuromotrices. Autrement dit l'esprit ne commande pas  au corps ni le corps à l'esprit  mais la mise en forme d'un geste tel que la marche par exemple relève d'une articulation fine entre  les différents segments corporels, le sol et la pesanteur et différents facteurs » psychiques » individuels et collectifs . Le 'lèves toi et marches'  procède de la remise en route d'une dynamique d'individuation en grande partie involontaire, du désir en termes spinoziens autant que freudiens, en même temps que d'une réinformation des  chaînes articulaires et musculaires par de  nouvelles perceptions et projections du geste, etc... en un mot d'une « intégration »  passant par une sensibilisation (awareness) mais retournant sous la forme d'une nouvelle habitude dans l'obscurité des « automatismes » .
D'autres mettent davantage l'accent sur la question du toucher et plus largement de la sensation,  du sens interne -proprioceptif et kinesthésique- comme base insue  tant de ces apprentissages que du sentiment d'exister. Une question adjacente fondamentale pour la clinique est la mise en évidence de sémiotiques sensibles, perceptives et affectives,  non réductibles à la signification et à l'interprétation, dans la zone du « pré », pré-représentatif, pré-prédicatif… (Ponge, Oury, Deligny...)
Cependant, ces problématiques resteraient fonctionnalistes si la notion centrale ne restait l' affect, comme vecteur de circulation entre langage et corporeité, potentiel de transindividuation, puissance révolutionnaire qui en bousculant la clôture du sujet nous conduit vers le lieu  « toujours plus qu'un »1 du psychosomatique et de la rencontre pathique.

Dès lors, la proposition du séminaire est de faire jouer ensemble  diverses pratiques corporelles et spirituelles (dont la psychanalyse) , porteuses d'alternatives  contribuant à un renouvellement des pratiques  de soin individuelles et groupales.

Le séminaire-atelier joindra le geste à la parole, grâce à l'hospitalité de la Parole errante,  un atelier somatique,  à 20h, sera  suivi (21h-23h) d'une lecture de texte  en  parcourant diverses sources philosophiques,  éthologiques et issues de la psychologie expérimentales ou d'une contribution personnelle  appelant des échanges .
Le pari est fait d'un mélange des genres et des publics, de  professionnels et amateurs du soin psychique et somatique.

Gregory Bateson, Vers une écologie de l'esprit, T2, Seuil 1980
Alain Berthoz, Le sens du mouvement,  Odile Jacob, 1997
Jean François Billeter, Un paradigme, 2012
Georges Canguilhem, Le Normal et le pathologique , La Connaissance de la vie, Etudes d'histoire et de philosophie des sciences.
Muriel  Combes, La vie inséparée, Diitmar 2005
Descola, Philippe, Par-delà Nature et culture, Gallimard, 2005
Françoise Dolto, Le sentiment de soi, aux sources de l'image du corps, Gallimard 1997.
Moshe Feldenkrais, L'être et la maturité du comportement, Etude sur l'anxiété, le sexe, la gravitation et l'apprentissage l'Espace du temps présent, (1943-1992)
Michel Foucault, Surveiller et punir, et cours sur l'Herméneutique du sujet.
Larry Goldfarb, Articuler le changement, l'Espace du temps présent
Daniel Heller Roazen,  Une archéologie du toucher, Seuil 2011
André Leroi Gourhan Le geste et la parole, Albin Michel, 1964
Henri Maldiney, Le leg des choses dans l'oeuvre de Francis Ponge, Cerf, 2005

Jean Oury, La fabrique du corps, Blois 2006, Psychopros.
François Roustang, La fin de la plainte,  et Il suffit d'un geste, Odile Jacob
Gilbert Simondon, L'individuation psychique et collective
Paul Shilder, L'image du corps
Richard Shusterman, Conscience du corps, l'Eclat, 2007,  et Sous l'interprétation
Von Uexküll Mondes animaux et monde humain suivi de La théorie de la signification, 1934 ; trad. fr. éd. Denoël, 1965 ; éd. Pocket, coll. Agora, 2004. - Rééd. sous le titre Milieu animal et milieu humain, Rivages, 2010.
Jean Wahl, Vers le concret, Vrin, 1932, 2004.
Winnicott , De la pédiatrie à la psychanalyse, 1949-1963, Payot Rivages..

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A Propos de Valérie Marange

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